Le propre des tempêtes c’est de faire le nettoyage par le vide. J’y pensais cette nuit en entendant les bourrasques tenter de réduire à néant les fenêtres de
mon grenier parisien. Ce matin les géraniums aux pots éclatés jonchaient la rue mais
mis à part le soleil qui nous honorait enfin de sa présence, rien ne semblait avoir particulièrement changé. Me revenait en mémoire une précédente tempête, un lendemain de noël où une de nos
fenêtres avait cédée sous les assauts du vent en pleine nuit. Et de moi arc-boutée contre, les pieds nus dans l’eau pendant que Monsieur en pyjama sortait la perceuse, un tasseau de bois, pour
remplacer la pièce qui avait été arrachée.
Vivre dans un grenier est sans doute ce qui est le plus proche de la vie en pleine nature pour les parisiens. Les éléments s’y ressentent bien plus fort que dans les étages inférieurs. La pluie
joue ses mélodies variées, rythmes différents endiablés ou trépidants sur le zinc ou les tuiles. Le vent s’engouffre dans les conduits de cheminée, la charpente craque, le toit oscille et moi je me
sens comme un des petits cochons de la fable, attendant dans l’angoisse que la toiture s’envole au loin. Et puis l’accalmie se profile. Je regarde la pièce. Le navire luttant sur une mer
déchaînée se stabilise cesse de vibrer. Les coups de vents violents s’espacent, ressemblant à des combattants qui quittant le terrain battus, osent une dernière insulte avant de se replier. Je
regarde la pièce donc et je pense .. C’était pas pour cette fois-ci.
Je me demande comment les clients de l’hôtel Everland on vécus cette nuit,
eux.
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