Il est trois heures du matin, je n'arrive pas à dormir. J'entends le bruit de la mer, des vagues qui s'écrasent contre la falaise en soupirant, en rongeant de leur larmes les pierres
insensibles.
Je me retourne dans mon lit, à mes côtés l’homme ronfle. Mon esprit dérive. Je pense à la blogosphère. Particulièrement à ce jeu le sablier lancé parKozlika. Au succès qu’il remporte. Je m’étonne de tous ces gens se précipitant en courant vers
ces oulipiades tels des enfants vers la cour de récréation. Ils s’apostrophent d’un blog à l’autre, se taquinent dans les commentaires. Ils s’amusent à brouiller les pistes, à écrire tous les soirs
toutes les nuits. Mais quelle vie ont-ils donc ?En fait je me sens décalée. La blogosphère est noctambule ou insomniaque. Moi aussi. Pourtant je ne découvre les amorces du jeu que le matin.
J’évite dorénavant les erreurs du premier jour, lire les dizaines d’histoires concoctées par mes pairs à des heures indues. Rester fraîche. Mais parfois le découragement me saisit. Il y a déjà tant
d’histoires, il va me falloir du temps, et probablement comme hier je posterai la mienne quelques minutes à peine avant que la nouvelle amorce n’apparaisse. J’écris le jour. D’ailleurs je
devrais dormir. Au lieu de penser qu’il n’y aura aucune naissance chez les blogueurs dans une dizaine de mois.
Il est quatre heures du matin, je vais m’endormir. J'entends le bruit de la mer, des vagues qui s'écrasent contre la falaise en soupirant, en rongeant de leur larmes les pierres
insensibles.
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