4 ans maintenant que je m’y promène. 4 ans que j’en fait partie en tant que blogueuse. Et aujourd’hui je n’y retrouve plus ce qui m’a tant plu à mes débuts.
Je m’y plaisais à écrire, à décrire. Je m’émerveillais devant mon compteur de visites qui m’annonçait qu’une ou deux personnes avaient pris le temps de venir lire tel billet tel jour.
Un commentaire posté était une surprise, un cadeau. Un lien sur un autre site une reconnaissance. Je ne voyais pas autre chose que ça. Et puis on m’a expliqué. Les règles. La façon de faire. Comme
bien d’autres j’ai testé les méthodes pour faire grimper l’audience. Les mots qui accrochent dans le titre d’un article, le commentaire déposé sur un blog bien plus lu que le mien qui me ramenait
dans ses filets un record soudain d’affluence. J’ai testé oui mais pas longtemps, deux ou trois mois tout au plus. Parce que cette course à la première place que certains disputent me semble bien
vaine. Parce que ce qui compte pour moi c’est de pouvoir m’exprimer pas devenir un produit de grande consommation. Je n’aime pas les concours, je n’ai jamais aimé ça. Il m’est arrivé pourtant de
participer à certains, pour voir. Ca ne m’a pas fait changer d’idée.
Alors oui les blogs sont des expositions d’egos. Tous le sont. Mais autant j’apprécie ceux qui me montrent leurs egos en se dévoilant dans leurs écrits autant je n’aime pas ceux qui font d’une
première place de référencement l’absolue priorité. J’ai la sensation vague qu’ils sont en train d’abîmer ce jouet merveilleux qu’est Internet au même titre que la pub omniprésente qui gâche le
paysage. Internet devrait rester selon moi une contrée sauvage non domestiquée par le fric, la réussite. Internet devrait rester cet espace de liberté magnifique où chacun choisit de s’exprimer ou
pas, de lire ou pas. Internet doit rester ce vivier dans lequel chacun puise en fonction de ses besoins de ses envies. La rentabilité n’a rien à faire là -dedans, rien du tout tant elle est fausse,
bidonnée. Tant c’est facile dans l’absolu de se fabriquer une réputation, de se hausser aux premières places. Il suffit de s’y mettre, d’écrire tous les jours, de nourrir la bête avec du
lourd, du scandale, du titre racoleur. Il faut être vu ailleurs, partout. Il faut que chaque commentaire posté chez les autres amène dans son filet une pléiade de lecteurs. C’est un gros boulot.
Cela dit je reconnais à ceux qui le font, une ténacité hors du commun mais à quel prix !
Le jouet s’use, se fendille. On tend à y retrouver les mêmes fonctionnement que dans notre société consommatrice. Vendre sa salade au plus de monde possible. Peu importe si on ne la vend qu’une
seule une fois. Le plus dur, voyez-vous, n’est pas d’attirer le lecteur, mais plutôt de le fidéliser. Qu’il aie envie de revenir partager une nouvelle laitue. Pas qu’il se sente floué d’être arrivé
devant des pissenlits amers, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus.
J’ai bien conscience de ma naïveté, j’ai bien conscience de ne pas jouer dans la cour des grands. Mais je préférerais toujours avoir un lectorat qui vient sur mon blog parce qu’il l’aime plutôt
qu’une clientèle de passage aussi importante soit-elle. C’est sans doute pour ça que j’ai pris un peu de le large, déçue par les procès d’intention et les querelles de clocher qui semblent
foisonner.
En ce qui concerne ce blog-ci, je me suis surprise à avoir des choses à écrire et ne pas le faire pour toutes les raisons exposées ci-dessus. A quoi bon faire du joli, du vrai pour des gens qui
sont dans le culte de la performance ? Comment parler de Bétancourt par exemple sans être soupçonnée d’opportunisme, accusée de surfer sur la vague médiatique ? Comment conserver cet
élan, cette liberté dans l’expression, la joie d’écrire et celle d’être lue ?
A toutes ces questions je n’ai pas forcément de réponses, pas encore. Alors je prends mon temps.
Par lady flo
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